La Runion | Cancer du col de l'utrus

03 Mars 2010

La Réunion a été sélectionnée comme site pilote pour une campagne de dépistage du cancer du col utérin. On compte sur l'île soixante nouveaux cas par an.

La Réunion se lance dans un dépistage organisé du cancer du col de l’utérus

Le nombre de cancers du col utérin est près de deux fois plus élevé à La Réunion comparé à la moyenne nationale. Selon les gynécologues, ce décalage s’explique par un déficit de prévention de la maladie. C’est pourquoi l’île a été sélectionnée comme site pilote pour un dépistage organisé.

60 nouveaux cas par an. Le cancer du col de l’utérus n’est peut-être pas le cancer le plus répandu mais il est en tout cas celui qui présente la plus grande disparité avec la métropole. À la Réunion, il y a 13 nouveaux cas pour 100 000 femmes chaque année contre 8 pour 100 000 dans l’ensemble de la France. Soit une incidence près de deux fois supérieure. “C’est certainement lié à un problème de dépistage”, observe le Dr Marc Gabriel, gynécologue au GHSR. Car grâce à un frottis de dépistage régulier (1), des lésions précancéreuses peuvent être détectées à temps pour éviter le développement d’un cancer. “Aujourd’hui, ce cancer n’est plus une fatalité”, insiste le Dr Damienne Castaigne, chirurgien en gynécologie à Paris et secrétaire générale de l’association “Mille femmes pour mille vies”. Cette ancienne chef de service à l’Institut Gustave Roussy est actuellement à la Réunion, sur invitation des gynécologues locaux, afin de sensibiliser la population à la prévention du cancer du col de l’utérus. Une soirée d’information sera d’ailleurs donnée demain soir à Sainte-Marie à destination du grand public.

“La polémique n'en est plus une”

“On peut dire que le dépistage en France est mal fait car il est opportuniste. Il n’est pas ciblé, comme le sein”, considère le Dr Castaigne. Les spécialistes veulent donc aujourd’hui modifier la mise en place du dépistage. Et La Réunion a été choisie comme l’un des sites pilotes pour cette nouvelle organisation. “On va solliciter les femmes qui ne font pas de frottis tous les trois ans”, explique le Dr Dominique Lapierre, médecin coordinateur à Run dépistage. Chaque année, 7 000 frottis sont réalisés à la Réunion. Seules 55 % des Réunionnaises effectuent cet acte préventif sur les 210 000 concernées. “Ce sont souvent des femmes de plus de 50 ans, défavorisées socialement et géographiquement”, indique le Dr Lapierre. C’est justement cette population qui sera ciblée à partir du mois de mai par courrier. Une invitation à se rendre au plus tôt chez leur gynécologue ou médecin traitant pour réaliser un frottis. Mais pour le Dr Castaigne, la prévention ne s’arrête pas au dépistage. Le vaccin ne doit pas être oublié. Recommandé par le Haut conseil de la santé publique (HCSP) et la Haute autorité de Santé (HAS), le Gardasil® a essuyé de vives critiques à la Réunion de part les membres de l’union régionale des médecins libéraux (URML). Le syndicat estimait à l’époque que ce vaccin “ne protège pas contre tous les types de virus responsables de cancer” et n’a pas montré d’efficacité et de tolérance à long terme. Son fabricant reconnaît même qu’il n’immunise que 70 % des cancers du col de l’utérus. “Le vaccin a incontestablement une efficacité”, affirme le Dr Lapierre. “La polémique n’en est plus une et il faut que les femmes soient au courant que tous les doutes ont été levés, poursuit le Dr Gabriel. Le vaccin a été testé dans beaucoup de pays sur des millions de femmes. Vu le nombre de patients exposés, on sait qu’il n’y a pas d’effet secondaire.” Le meilleur moyen de se forger une opinion reste encore d’en discuter avec votre médecin référent ou gynécologue.


(1) Le premier frottis vaginal est recommandé à l’âge de 25 ans. Un deuxième est recommandé deux ans plus tard. Et si les résultats sont normalement, un frottis doit être réalisé tous les trois ans jusqu’à 65 ans.

Marie Payrard

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